Le Washi Tsunagami

Publié par Emilie EVEN le

Depuis mon arrivée au Japon, une des missions que je m’étais donnée était de partir à la recherche d’artisans de papier partout où j’allais. Et même en vacances ! Alors quand je me suis rendue sur l’île d’Awaji pour deux jours en Juillet, la première chose que j’ai faite, c’était de trouver s’il existait des ateliers de confection de washi. 

washi tsunagami calligraphie

Il existe sur l’île d’Awaji un seul atelier de papier japonais, Sho-roku tenu par M. Yoshiharu OKUDA depuis une trentaine d’années. Okuda-san est devenu pleinement un artisant washi après une carrière en entreprise. Okuda-san a appris le washi tesuki (和紙 手漉き, fabrication à la main du papier japonais) après quelques stages en atelier. Mais il a surtout développé sa technique en autodidacte. Ainsi, Okuda-san a voulu faire revivre la fabrication de l’Awajitsunagami, le washi de l’île d’Awaji.

L’Awajitsunagami est un papier entièrement confectionné à partir du kozô (mûrier) et du tororo aoi (la colle suspensive de la pulpe à papier) cultivés par Okuda-san sur Awaji. La fabrication de ce papier traditionnel, que l’on nomme aussi tsunagami, remonterait à près de 1000 ans, dans une utilisation d’inscription de registres familiaux. Mais le déclin de la production de washi partout au Japon et l’introduction du papier occidental eu raison des ateliers qui fabriquaient le tsunagami

Par passion pour son île natale et le washi, Okuda-san a donc fait revivre une tradition artisanale presque millénaire. Sa technique de confection est le fruit de nombreuses expériences et échanges avec d’autres artisans washi. Une des spécificités apportée par Okuda-san est l’utilisation de feuille de camélia pour lisser le papier et lui donner une finition brillante. Et pour un papier entièrement “Made in Awaji”, Okuda-san produit du washi teint naturellement avec... des pelures d’oignon et de l’eucalyptus, deux produits emblématiques de l'île.

Okuda-san et sa femme Emi possède l'atelier-galerie Sho-Roku Nagasawa, ouvert au public dans une superbe kominka, une maison traditionnelle japonaise. On peut donc s'essayer à la fabrication de feuille ou carte postale de washi, à partir des fibres de kozô que Okuda-san a préparé. Nous étions quatre à visiter l'atelier et Okuda-san nous a guidé pendant ce petit atelier de 30 min.

J'aime beaucoup le papier que nous avons fait. En tant que débutant, il est plus facile d'utiliser la technique de façonnage qui s'appelle "tamesuki" (l'autre s'appelle nagashisuki). Avec le tamesuki, on récupère plus de pulpe à papier et on laisse drainer l'eau à travers le cadre de façonnage, contrairement au nagashisuki, où l'on plonge plusieurs fois le cadre dans la pulpe et l'on évacue l'excès de pulpe par de grands mouvements. De sorte, le washi que nous avons fabriqué est un peu épais qui lui donne un côté très moëlleux.

J’ai été émue de rencontrer un artisan qui, par la force de sa passion, a pu faire revivre un artisanat perdu. Cette visite a su me donner confiance pour persévérer dans monprojet Hariko, et vous faire découvrir ces personnes pleine d’humanité.  

Les papiers japonais de l'artisan Okuda-san sont disponibles sur Hariko : Washi Tsunagami

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